La folie des petitesses

Tandis que l’Hexagone accueille en ce début de semaine un petit groupe de réfugiés africains, de nombreuses associations et figures politiques dénoncent une politique migratoire d’une dureté sans précédent.

Mardi 19 décembre, atterrit à Roissy un groupe de 25 réfugiés érythréens, éthiopiens et soudanais évacués de Libye par le Haut commissariat aux réfugiés des nations unies. Parmi eux, selon Pascal Brice, directeur de l’OFPRA (office français de protection des réfugiés et apatrides) interrogé par l’AFP, se trouvent 15 femmes et 4 enfants. Après les 19 réfugiés arrivés lundi et les 12 qui arriveront mercredi depuis le Tchad, ce sont au total 56 personnes qui bénéficieront d’un titre de séjour de dix ans.

Suite à quelques mois d’hébergement en structures collectives, durant lesquels ils recevront une assistance psychologique et sociale nécessaire à leur réinsertion, ces réfugiés seront orientés vers des logements plus classiques. « C’est d’abord une manière de sauver des personnes qui sortaient d’un véritable enfer, avec des tortures, des viols, des enlèvements d’enfants », explique le directeur de l’OFPRA.

Faisant suite au récent appel du président Macron à se mobiliser pour « éviter les horribles exactions subies sur les routes migratoires », cette décision est à mettre en perspective avec la situation de milliers de demandeurs d’asile.

Hier, journée internationale des migrants, nombreux étaient les collectifs à dénoncer la précarisation sur le sol français des personnes en situation irrégulière ainsi que leur éloignement systématique vers des pays tiers, en vertu de la « procédure Dublin ». Cette dernière concerne les personnes dont la demande d’asile dépend d’un autre Etat membre de l’Union européenne, lesquels pourront désormais être placés en détention. Par ailleurs, une autre circulaire récente instaure un recensement systématique des migrants hébergés au sein des structures d’urgence, au grand dam d’associations comme Emmaüs et Médecins du Monde, qui dénoncent une logique de « recensement, d’étiquetage et de triage ».

Parmi les autres critiques de la politique gouvernementale, plusieurs maires de grandes villes dont Martine Aubry (Lille, PS), et Alain Juppé (Bordeaux, LR) appelaient, le 17 novembre, l’Etat à se doter de plus de moyens face à l’afflux de migrants. Dans leur tribune, ils déploraient des dispositifs alloués à l’hébergement des demandeurs d’asile «  complètement saturés » et incitaient à « réfléchir sans délai à la mise en place d’un réseau solidaire entre les villes de France ».

La veille, des bénévoles engagés dans l’aide aux migrants taguaient la façade du ministère de la cohésion des territoires d’un large slogan « accueil de merde ». « A Paris comme à Calais, à la Roya, à Briançon et ailleurs, les personnes exilées à la rue sont maltraitées et harcelées », expliquent-ils dans un communiqué. « Les empêcher de manger, de dormir, de se laver et d’avoir accès à des toilettes fait tout simplement partie de la politique du gouvernement pour réguler les flux migratoires ».

Un slogan qui fait écho à l’ambitieux projet présidentiel d’installer des centres d’hébergement dans toute la France pour qu’il n’y ait « plus personne dans les rues, dans les bois » d’ici la fin de l’année. A moins de quinze jours de l’échéance, le scepticisme règne chez les principaux concernés.

 

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